WINDOW SHOPPING #2

WINDOW SHOPPING #2


Du 12 au 28 octobre 2017

Opening jeudi 12 octobre de 18h à 21h 

Selon un commissariat de Mathieu Buard

Avec : Laureline Galliot, Antoine Carbonne, Octave Rimbert Rivière, Erwan Sene, Raphaël Barontini, Romain Vicari, Mimosa Échard et Marielle Chabal

« Mesurer l’écart d’entre les formes, disposer de l’espace, et finir d’ouvrir le récit au risque du décor, pris de pâmoison.

Dans ce second volet de Window Shopping, la vitrine est envisagée comme l’aquarium amen mais retord d’un huis clos, display ou jungle diaphane dont nous sommes les phasmes. De là les œuvres, médiums déposés selon une topographie minérale, un jardin de pierres lévitantes, nous accueillent. Le paysage ainsi domestiqué, enchâssements de plans, contractions de points de vue, facettes multiples d’un diamant gros comme le Ritz*, déploie un théâtre. Les fragments, ici, sont à prendre, à détacher sur un dos d’animal fantasque, écailles précieuses.

La vitrine est une enjôleuse. Telle la sirène homérique, elle pratique l’intense ; hyper optimisation du regard, survalorisation des effets et multiplication du reproductible. Elle consacre, agile, les objets dans une éternité de fards et de paillettes. Selon ce bon réglage, la vitrine est une fabrique de conditions, celles du désir.

La vitrine est un orchestre magistral. Toujours plus belle de son décor pléthorique, display déplié et visant l’état de confusion volontaire, l’espace de la vitrine, au sol, conduit sur un chemin de ronde qui égraine dans l’air les vues, semant les beaux bibelots, multipliant les petits pains.

Totale et partielle à la fois, plurielle comme singulière, la scène jouée dans ses successions accorde une aurore.

La vitrine est une folie, labyrinthique, aussi fantasque qu’incertaine, le montage complexe de reflets et d’éclats. Qu’a cela ne tienne, une fois les errements avérés, le spectateur captif, épris, se perd comme à l’épreuve du miroir… Que garder, que prendre ?

Sinon l’un, dit le multiple, le petit plutôt que le grand, la facette plutôt que le diamant.

Cette second exposition poursuit l’amusement non plus d’une fixité mais du risque, joyeux, du choix que propose la vitrine commerciale comme acmé visuelle, et vient en s’attelant à la question du montage par la profusion, de l’installation et des côtoiements des effets, regarder la pratique des assemblages, des collages et des savants mode de présentation. La boutique est un parcours, l’accrochage, lui, une ode aux œuvres choisies. Le décor n’est jamais de trop. Débordement qui au delà de l’objet, excède, supporte et joue le poids d’une perception.

Dans un dédoublement complexe, l’objet produit et répété nous intéresse dans sa pluralité, versatile ; les matérialités, le factuel des effets, les étoffes, les souplesses, le mou, aussi.

Entre montage et set, l’exposition joue la boutique, l’avancée vers le produit, son image. Déposer de l’autre côté du miroir le spectateur ne devrait voir que des œuvres qui parlent de dressage, d’érection et de montage, petits et grands.

Dresser l’aquarium, laver la vitre.

Se presser tout contre les facettes.

Choisir, c’est renoncer. »

Mathieu Buard

* Hommage à la nouvelle de F. Scott Fitzgerald, Un diamant gros comme le Ritz.

Photos : Thomas Smith

Il est 1 commentaire

Add yours